LE MAÎTRE
                                    MANOLE –
                                    NOTRE
                                    CONTEMPORAIN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chef-d’oeuvre de la Renaissance roumaine, résultat du travail de quelques générations de bâtisseurs, peintres et ecclésiastiques, l’Eglise du Monastère Curtea de Argeş étonne encore par son splendeur et mystère. Par conséquent, c’était naturel que l’une des plus belles légendes roumaines soit liée à sa construction, légende qui est devenue ensuite une ballade exceptionelle à des nombreuses variantes et qui a traversé les siècles jusqu’à nos jours, racontant l’histoire terrible d’un homme qui a fait le miracle: Maître Manole…

 

            L’histoire

Le légendaire prince regnant Negru Vodă commande au grande maître batisseur Manole de construire une église. Avec ses compagnions, il commence le travail, mais… Tous ce qu’ils construisaient le jour, la nuit se détruisait. Au bout d’un certain temps, pendant la nuit, une voix dit à Maître Manole dans son sommeil, que l’église ne sera jamais construite sauf si l’on y mura la première femme, fille ou soeur qui apportera de la nourriture aux maîtres. Le lendemain, le Maître raconte son rêve a ses camarades qui en avertissent leurs femmes, en secret. Au jour de l’échéance annoncée dans le rêve, seulement Ana, la jeune femme de Manole vient au chantier. Le maître demande au Dieu tous les grands obstacles – tempêtes, pluies, vents – pour déterminer Ana de rebrousser chemin. Mais elle ne peut pas être ébranlée dans sa décision d’arriver a l’homme bien-aimé…

Le destin s’accomplit. Les maîtres murent Ana, et maintenant l’église peut être construite… Dans une des plus belle variantes de la légende, les maîtres sont punis pour leur acte: Dieu les pétrifie, même si leur but était de construire une belle église…

 

Le spectacle

Le projet du THEATRE DE LA MYTHOLOGIE ROUMAINE a débouté il y a environ 20 ans presque fusionant avec la biographie du Théâtre Equinox. Suite des recherches dans le domaine de l’anthropologie théâtrale, du folklore et de la mythologie, mais aussi des recherches sur le terrain effectuées par les membres de notre compagnie théâtrale, ce projet englobe plusieurs spectacles comme: VIA LVCIS, Le Grande Passage, Le cercle de pierre, Le pays de l’équinox d’or, TORNA UMBRA…

Mais l’un de plus beaux spectacles de ce projet c’est L’homme de pierre. Construit sur le fil narratif de la légende et de la ballade, le spectacle apporte en premier plan de vieux rites et rituels appartenant au peuple roumain. Le mystère de cet acte mythique est qu’il faut accomplir un rite païen – sacrifier un être humain – pour bâtir une église chrétienne. Ici on peut voir ce que beaucoup d’analystes de la mythologie roumaine ont défini comme la destinée de ce peuple, qui a eu un préchristianisme ancient et solide sur lequel le christianisme s’est établi presque naturellement, en s’adaptant à l’ancienne mythologie roumaine.

Le spectacle a fait une véritable carière nationale et internationale, obtenant des nombreux prix et distinctions à des festivals roumains et de l’étranger. Mais pour nous, ses réalisateurs, le plus merveillleux hommage a été celui du public entier qui a compris et apprecié le message.

 

 

 

 

         LE MYTHE PLUS PRÈS DE NOUS

 

                „Le Maître Manole”, dans l’excellente vision

                du Théâtre Equinox, a été une révélation.

                Grâce à cette mise en scène nous avons été plus près,

                du point de vue sentimental, d’un grand drame,

                d’une histoire à souvenir mythologique,

                qui, decoposée dans les images que

                le metteur en scène

                et ses acteurs ont créées,

                a réussi à apporter le mythe plus près de nous.

           

        Valentin Silvestru

                (critique et historien théâtral)

                1995

 

 

 

RÉÉVALUATION

DES GRANDS MYTHES ROUMAINES

 

Je suis vraiment etonné de constater qu’à presque trois ans de sa première au festival de Bulgarie, le spectacle „Le Maître Manole” est resté aussi frais dans ses intentions, aussi percutant dans sa forme et son esprit. Il m’arrive de le voir la troisième fois et j’avoue que mes réserves, liées à la manière dans laquelle il a été réalisé (il n’y a un seul mot que l’on prononce de tous ceux qui existent) se sont évanouies. En outre, je pourrais affirmer qu’au passage du temps – pareil au bon vin – le spectacle a gagné en rigueur et en précision.

Je suppose que cela se posse aussi grâce au fait que les trois acteurs qui interprètent les rôles principaux sont restés les mêmes le long des années. Une chose importante est digne d’attention: l’affection avec laquelle le metteur en scène et les acteurs du Théâtre Equinox suivent d’une manière appliquée ces réévaluations des grands mythes roumaines, mais aussi l’attitude détendue devant ce que je pourrais appeler „gestualité archetypale” qui est l’instrument de cette image théâtrale…

 

Victor Parhon

(critique théâtral)

1996